Une chose est sûre : Jamais dans la vie je ne réaliserai un projet d’infrastructure d’information en ligne. Ce dernier point à effectuer pour l’évaluation du cours d’Introduction aux Technologies de l’Information et de la Communication représente donc un excercice très difficile pour moi. Ayant passé toute mon enfance et grande partie de mon adolescence sans télévision ni ordinateur, je crois parfois ressentir la nostalgie d’une époque que je n’ai pas vécu : L’époque avant le web, avant la télévision, avant le téléphone même, quand on s’écrivait des lettres à la main et ne savait que ce qu’on s’était efforcé de savoir avec patience.
Même si aujourd’hui, bien sûr, comme toute autre citoyen du village global, j’ai appris à utiliser et apprécier les nouvelles téchnologies, j’avoue que parfois je me sens perdue dans cette afflux intérminable d’informations et ce cosmos infini de mondes interconnectés. Et sincèrement, je me demande si ce n’est pas vrai, que nous sommes perdus, tous, seulement que pas tout le monde ne le sait.
Les innovations téchnologiques dans le domaine de l’information et de la communication ont, certes, contribué à effacer ce qui me sépare, moi, de n’importe quel autre personne du planète, et cette personne de toutes les autres, et ainsi de suite… mais finalement, c’est justement pour ça que le monde, au moment de devenir plus petit, est en faite devenu plus grande. Personne ne sait vraiment combien d’information il y a sur le web, ni quel est son contenu. On sait juste que ça augmente avec chaque seconde et de façon incontrolable. Le web, c’est une zone difficilement accessible à la loi, mais simple à occuper par les éléments criminels. Puisque tout est connecté, en théorie (et avec le savoir-faire nécessaire) tout est accessible par tout le monde. Et pourtant, aujourd’hui les gens confient à leur blog des choses qu’ils ne raconteraient ni à leur propre mère. Nos « identités virtuelles » sont en train d’effacer notre reflexion dans le miroir. Vous me diriez que pas tout le monde en arrive à ces extrémités. Qu’il y a des gens qui ne se confondent pas. Et vous avez raison, bien sûr. Et pourtant, la vérité c’est que bien des gens ne pourraient plus vivre sans cette autre partie de leur vie qui se passe en code binaire.
Pour tout cela, je me sens donc incapable de proposer un projet d’infrastructure d’information et de communication dans le web. Bien sûr, je pourrais imaginer des façons dont des infrastructures existantes pourraient être améliorées a fin d’optimiser la fonctionnalité, les buts et, plus important, l’éthique des services en ligne. Mais il s’agit là d’une question de base : Est-ce vraiment le futur de notre société? Est-ce ce que va nous sortir de notre massive crise d’orientation? En fin, est-ce vraiment cela dont nous avons besoin ? Des nouveaux dimensions virtuels, des nouvelles formes de vie inventée, des nouvelles illusions digitales, de nouvelles réfuges ?
A mon avis : Non. Car tout cela, ce n’est que du placebo.
Je n’essaye pas de nier l’utilité du web, au contraire, je reconnais l’énorme innovation qu’il représente pour notre société, le merveilleux potentiel qu’il implique. Mais j’en vois aussi le danger.

Le web devrait être un outil, un instrument dont nous nous servons pour mieux comprendre et mieux construire le monde. Il y a encore des personnes qui l’utilisent comme tel. Mais il devient de plus en plus difficile d’échapper aux brouillards virtuels qui nous entourent et nous enveloppent. La plupart des gens n’utilisent pas le web, c’est le web qui les utilise. Ils essayent de vivre à travers le web, et finalement, c’est le web qui vit à travers d’eux : ce n’est pas de la science fiction, ce n’est qu’une métaphore terriblement vraie. Si on me demande donc de formuler la direction que j’aimerais que prennent l’information et la communication dans notre société, ce serait tout simplement qu’ils retournent à appartenir un peu plus au monde réel, physique, vivant.Que les gens y reviennent, aussi. Qu’au lieu de surfer le web, ils prennent leurs affaires et voyagent. Qu’ils arrêtent de tchater, mais recommencent à parler, à écouter et à sourire. Qu’ils apprennent à nouveau de vivre comme des êtres de chair et os, mystérieusement individuels et collectifs à la fois, et terriblement mortels. Car chaque seconde que nous passons sur le web, nous la passons dans un limbo qui ne connaît pas la lumière du soleil ni de la lune. Quant au web, j’espèrerais qu’ils redevienne un simple et merveilleux outil qui nous permet de mieux organiser le monde. Le web n’est pas un démon, décidément pas. Mais ce n’est pas un dieu non plus…






